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Oxycodone - Grossesse et allaitement


Mise à jour : 18 septembre 2017



Pour en savoir plus :

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L’oxycodone est un antalgique opiacé de palier 3 (opioïde fort), agoniste pur des récepteurs opioïdes.
Sa demi-vie d’élimination est de 4.5 heures chez l’adulte.
Un syndrome de sevrage peut survenir en cas d’arrêt brutal d’un traitement prolongé.


ETAT DES CONNAISSANCES

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au 1er trimestre à l’oxycodone sont peu nombreuses, mais son usage en cours de grossesse est très répandu (USA) et aucun élément inquiétant n’est retenu à ce jour.
    • L’oxycodone n’est pas tératogène chez l’animal.
  • Passage placentaire
    • L’oxycodone passe bien le placenta : les concentrations néonatales sont équivalentes aux concentrations plasmatiques maternelles.
  • Aspect néonatal
    • Un syndrome de sevrage aux opiacés est possible chez le nouveau-né lors de prises prolongées jusqu’à l’accouchement. Il se manifeste notamment par une irritabilité, un cri aigu, une hypertonie et des trémulations, survenant de quelques heures à quelques jours après la naissance.

EN PRATIQUE

  • Traiter une femme enceinte
    • On préférera utiliser, quel que soit le terme de la grossesse, de la morphine, antalgique de palier 3 mieux connu chez la femme enceinte.
    • Si la morphine ne convient pas, l’utilisation de l’oxycodone est envisageable quel que soit le terme de la grossesse.
    • Si un traitement chronique est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif de l’oxycodone.
    • Si un antalgique de palier 3 doit être poursuivi, quel que soit le terme de la grossesse, on préférera utiliser la morphine, mieux connue chez la femme enceinte.
    • Si la morphine ne convient pas, l’utilisation de l’oxycodone est envisageable quel que soit le terme de la grossesse.
    • Si un traitement chronique est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
  • Allaitement
    • Dans les 72 premières heures après l’accouchement
      • La quantité d’oxycodone ingérée par l’enfant via le lait (colostrum) peut aller jusqu’à 11.5% de la dose maternelle (mg/kg).
      • Parmi une quarantaine de nouveau-nés allaités par des mères ayant reçu jusqu’à 90 mg/j d’oxycodone en dose décroissante sur les 72 premières heures du post-partum, l’oxycodone était indétectable dans le plasma sauf chez 1 nouveau-né qui avait des concentrations plasmatiques significatives à H48 et H72.
      • Deux des nouveau-nés allaités ont eu des signes légers de sédation.
      • Pendant cette période, si la morphine (opioïde fort mieux évalué pendant l’allaitement) ne convient pas, l’utilisation de l’oxycodone est envisageable chez une femme qui allaite sous réserve d’une surveillance de l’enfant allaité.
    • Au-delà de cette période
      • Il n’y a pas de dosage de l’oxycodone dans le lait mature.
      • Chez les enfants allaités par des mères traitées par oxycodone, des signes de sédation ont été rapportés.
      • Au vu de ces éléments, il nous semble préférable de ne pas allaiter sous oxycodone.


Seuls quelques noms de spécialités sont mentionnés dans ce site. Cette liste est indicative et n’est pas exhaustive.


CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
Fax : +33 (0)144735395
- Réservé au corps médical.
www.lecrat.fr


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