Fermer
Imprimer


Etat des connaissances sur le tabac : Grossesse et allaitement


Mise à jour : 6 janvier 2021



Avant et en cours de grossesse, les produits de combustion du tabac ont des répercussions possibles, y compris lors du tabagisme passif.


- Diminution de la fertilité et augmentation des grossesses extra-utérines (GEU)

  • Un retard à la conception et une augmentation des GEU avec une relation dose-effet et une certaine réversibilité à l’arrêt du tabac ont été significativement associés au tabagisme féminin.

-  Passage placentaire

  • La nicotine et d’autres composants du tabac (hydrocarbures, métaux lourds etc.) passent le placenta.

- Fausses couches spontanées

  • Le taux de fausses couches spontanées associée au tabagisme maternel serait de 20 à 80% supérieur au taux attendu en population.

-  Aspect malformatif

  • Les études sur le risque tératogène du tabac sont très nombreuses et portent sur plusieurs dizaines de milliers de grossesses.
  • En dépit de quelques résultats contradictoires, il est admis qu’aucune augmentation du risque global des malformations n’est à mettre sur le compte du tabagisme en cours de grossesse (ce risque est d’environ 2 % dans la population générale).
  • L’apparition de certaines malformations spécifiques est toujours en discussion. Il s’agit essentiellement de fentes faciales, de laparoschisis, de craniosténoses, ou de cardiopathies, pour lesquelles l’association au tabagisme maternel est faible mais statistiquement significative. Ces résultats doivent être confirmés, et certains facteurs de confusion doivent être pris en compte. Des études évoquent le rôle d’une susceptibilité génétique dans l’apparition de malformations chez certains enfants de mères exposées au tabac (tabagisme actif et passif).
  • Les conséquences en terme de santé publique mesurées par l’accroissement annuel de ces malformations en raison du tabagisme maternel sont pour le moment modérées, mais méritent d’être prises en compte.
  • En termes individuels, ceci justifie une information préconceptionnelle chez les femmes fumeuses, mais conduit à une surveillance prénatale usuelle des grossesses chez ces femmes, sans surcroît d’inquiétude.

-  Aspect foetal et néonatal

  • Hématome rétroplacentaire (HRP) et placenta bas inséré :
    Une relation entre HRP et tabagisme maternel est établie, avec un effet-dose associé à la carboxyhémoglobinémie (HbCO), ainsi qu’une augmentation du risque lié à l’âge et à la parité.
    Les placentas bas insérés sont également plus fréquents (multipliés par 2 environ) en cas de tabagisme maternel.
  • Poids de naissance :
    Une réduction d’environ 200 grammes du poids de naissance est observée chez les enfants de mères fumeuses en cours de grossesse, après prise en compte des autres facteurs de risque connus. Cette réduction semble proportionnelle à l’importance du tabagisme maternel. Un arrêt du tabagisme dans la 1ère partie de la grossesse permet d’améliorer le poids de naissance.
    Une diminution du poids de naissance est également observée en cas de tabagisme passif.
    La croissance post-natale des enfants ne semble pas affectée par le tabagisme maternel en cours de grossesse.
  • Prématurité :
    Le tabagisme chez la femme enceinte est un facteur de risque de prématurité. Cette prématurité est en grande partie induite par la survenue plus fréquente d’accidents obstétricaux (HRP, placentas bas insérés, rupture prématurée de membranes), et semble être dose-dépendante. Un arrêt du tabac en début de grossesse diminue ce risque.
  • Mort fœtale in utero :
    Le tabagisme maternel est associé à un risque légèrement accru de morts fœtales in utero, après prise en compte des autres facteurs de risque.

- Mort inattendue du nourrisson :
Le tabagisme maternel semble associé à un risque 3 à 4 fois plus élevé de mort inattendue du nourrisson. Il existerait un effet dose.
La part d’un effet propre de l’exposition anténatale par rapport à l’exposition postnatale est toutefois difficile à établir.

- Effets à long terme :
Les effets suivants ont été étudiés chez les enfants exposés in utero au tabagisme maternel : infections respiratoires basses et troubles respiratoires de type wheezing/asthme, surpoids et obésité, troubles du neurodéveloppement (TDAH…), cancers. A ce jour, les biais méthodologiques des études publiées ne permettent pas de retenir un quelconque lien de causalité.
En dehors du tabagisme maternel, la part de facteurs environnementaux, socio-économiques ou encore génétiques n’est pas toujours prise en compte ce qui rend le rôle propre du tabac difficile à évaluer.

- Allaitement :

  • La nicotine, ses dérivés et d’autres toxiques inhalés passent dans le lait maternel, et peuvent s’y accumuler. Leur élimination dans le lait est parfois plus longue que dans le sérum maternel et ils sont retrouvés chez l’enfant allaité.
  • Les paramètres du développement de l’enfant allaité (croissance, acquisitions) ne semblent pas modifiés par le tabagisme maternel.
  • Chez les enfants exposés au tabac, la fréquence des pathologies respiratoires est augmentée, mais de façon moindre lorsqu’ils sont allaités.