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Hypnotiques et grossesse


Mise à jour : 9 juin 2017



EN PRATIQUE

  • Un traitement hypnotique doit être aussi bref que possible (HAS).
  • En cours de grossesse, on choisira la doxylamine (Donormyl®) ou une benzodiazépine apparentée comme la zopiclone (Imovane®) ou le zolpidem (Stilnox®) (attention, sa prescription est sécurisée depuis 2017 - Ansm).
  • Si l’hypnotique est pris juste avant l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances ci-dessous).

ETAT DES CONNAISSANCES

  • Aspect malformatif
    • Pour la doxylamine (antihistaminique H1), le zolpidem ou la zopiclone (benzodiazépines apparentées), les données au 1er trimestre sont très nombreuses et rassurantes.
  • Aspect fœtal
    • Une diminution des mouvements actifs fœtaux et/ou de la variabilité du rythme cardiaque fœtal a parfois été observée lors de prises d’une benzodiazépine aux 2ème et/ou 3ème trimestres de grossesse, en particulier à fortes doses. Ces signes sont réversibles à l’arrêt ou à la diminution du traitement.
  • Aspect néonatal
    • Les benzodiazépines utilisées jusqu’à l’accouchement peuvent être responsables chez le nouveau-né de différents types d’évènements transitoires :
      • Des signes d’imprégnation tels qu’une hypotonie axiale et des troubles de la succion entraînant une mauvaise prise de poids. Ces signes sont réversibles, mais peuvent durer de 1 à 3 semaines en fonction de la demi-vie de la benzodiazépine. Ils peuvent survenir même à faibles doses. Dans les situations exceptionnelles où des doses très élevées de benzodiazépines sont utilisées juste avant l’accouchement, une dépression respiratoire ou des apnées ainsi qu’une hypothermie peuvent également apparaître chez le nouveau-né.
      • Un syndrome de sevrage néonatal est possible lors de traitements chroniques, même à faibles doses, poursuivis jusqu’à l’accouchement ou arrêtés brutalement quelques jours avant. Il est caractérisé notamment par une hyperexcitabilité, une agitation et des trémulations néonatales, survenant à distance de l’accouchement. Son délai d’apparition dépend de la demi-vie d’élimination du médicament. Plus celle-ci est longue, plus le délai est important.
    • Pour la doxylamine : en théorie, des effets sédatifs et atropiniques pourraient apparaître chez les nouveau-nés de mères traitées jusqu’à l’accouchement, mais ceci n’a pas été rapporté à ce jour.