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Alcool


Mise à jour : 27 juin 2012



  • L’alcool passe très bien le placenta, les concentrations fœtales et maternelles sont équivalentes.
  • Le système nerveux central fœtal est une des cibles principales de l’alcool.
  • Compte tenu du déroulement de son organogenèse (2 premiers mois de grossesse) et de son histogenèse (les 7 mois suivants) le cerveau fœtal est sensible aux effets délétères de l’alcool tout au long de la vie intra-utérine, avec des répercussions différentes en fonction de l’âge gestationnel.

DEFINITIONS

  • Unité d’alcool :
    • Une unité d’alcool contient 10 g d’alcool.
    • Les boissons suivantes contiennent chacune une unité d’alcool : 1 verre de vin (10 cl)=1 bière (25 cl)=1 alcool fort (3 cl).
  • Binge drinking : absorption d’au moins 5 unités d’alcool lors d’une occasion.

ETAT DES CONNAISSANCES

  • Il semble qu’il y ait un continuum dans la sévérité des anomalies fœtales induites par l’alcool en fonction du degré d’imprégnation maternelle, et peut-être de facteurs individuels (génétiques, nutritionnels ou environnementaux).
  • Plus l’imprégnation maternelle est importante, plus les effets fœtaux sont sévères et nombreux.
  • Consommation "élevée" :
    • Au moins 6 unités d’alcool par jour, soit six verres de vin ou six bières ou six alcools forts par jour, ou 1 à 2 binge drinking par semaine.
    • Un syndrome polymalformatif intitulé le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) a été décrit chez des enfants de mères consommant régulièrement une quantité élevée d’alcool pendant au moins le premier trimestre de la grossesse.
    • Des formes moins sévères du SAF (SAF partiel, malformations ou troubles neuro-développementaux liés au spectre de l’alcool) sont également observées.
    • Ce syndrome dans sa forme complète est défini par :
      • Un retard de croissance intra-utérin, et post-natal.
      • Une dysmorphie faciale caractéristique à la naissance, qui peut permettre de faire le diagnostic de SAF. Des formes de gravité intermédiaires peuvent survenir, retardant souvent le diagnostic à la naissance. Au cours de la croissance, la dysmorphie peut s’estomper. La dysmorphie faciale à la naissance est caractérisée par :
        • face allongée.
        • petites fentes palpébrales, ptosis des paupières.
        • philtrum long et convexe, lèvre supérieure fine et vermillon.
        • hypoplasie nasale et ensellure marquée.
        • rétrognathisme.
        • oreilles bas implantées et mal ourlées.
        • hypertrichose.
        • Une microcéphalie accompagnée d’un retard mental plus ou moins marqué (le QI moyen est de 75), des malformations cérébrales et des troubles neuro-comportementaux variés (troubles du langage, de la motricité fine, de l’attention, instabilité...), qui se manifesteront à distance de la naissance.
        • D’autres malformations : cardiopathies, anomalies oculaires, squelettiques...
      • Fréquence de ce syndrome :
        • Le SAF complet s’élèverait à environ 1 pour 1000 naissances vivantes selon les régions étudiées. 6% des enfants des fortes buveuses (> 6 unités d’alcool par jour) seraient atteints. Cette fréquence peut être bien supérieure si la consommation est plus élevée (jusqu’à 40%).
      • L’ensemble des anomalies du spectre malformatif et neuro-comportementaux de l’alcool serait 10 fois plus fréquent que le SAF complet (environ 1 % des naissances vivantes).
  • Consommation "intermédiaire" :
    • Pour une consommation de l’ordre de 2 à 5 unités d’alcool par jour en cours de grossesse, les données ne sont pas précises.
    • Des anomalies majeures ou mineures, un retard de croissance, des déficits intellectuels et des troubles comportementaux sont possibles.
    • Ces effets sont sensiblement de même nature que ceux observés dans le SAF, mais sous une forme atténuée (SAF partiel, malformations mineures ou atteintes neuro-comportementales).
  • Consommation "modérée à légère" :
    • En dessous de 2 unités d’alcool par jour, ou moins de 1 binge drinking par semaine :
      • La fréquence globale des malformations n’est pas augmentée.
      • Les études sur des effectifs très importants (plus de 15 000 enfants), semblent, dans l’ensemble, écarter un retentissement neuro-comportemental de ce type de consommation maternelle d’alcool chez les enfants évalués à un âge de 2 à 14 ans.
  • Allaitement
    • La concentration d’alcool dans le lait est équivalente à celle du sérum maternel.
    • La quantité d’alcool ingéré par un enfant allaité représente environ 10% de la quantité maternelle rapportée au poids.
    • Des retards psychomoteurs ont été notés chez les enfants allaités de mères buvant régulièrement 2 verres par jour.

EN PRATIQUE

  • Une option « zéro alcool » est actuellement conseillée :
    • Ceci semble une mesure tout à fait raisonnable et faisable pour la grande majorité des femmes pour qui l’alcool est consommé de façon récréative et festive.
    • Cependant, l’option « zéro alcool » ne doit pas induire une inquiétude indue chez les femmes qui ont consommé de l’alcool ignorant leur grossesse. Une analyse au cas par cas doit être effectuée afin d’essayer de préciser la réalité d’un risque éventuel (en particulier pour les fortes alcoolisations ponctuelles), et de corriger cette consommation pour le reste de la grossesse.
  • En ce qui concerne les femmes pour qui l’imprégnation alcoolique constitue un réel problème, la mise en place d’une prise en charge multidisciplinaire adaptée est indispensable. Une réduction de la consommation d’alcool à moins de 2 verres par jour semble indispensable en prévision et tout au long de la grossesse.
  • Si la prise occasionnelle d’alcool ne semble pas présenter un risque particulier pour l’enfant allaité, la consommation doit être aussi faible que possible pendant l’allaitement, comme en cours de grossesse.


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