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Tabac


Mise à jour : 5 juillet 2012



Pour en savoir plus :

  • Lorsque le tabac est fumé, plusieurs milliers de produits apparaissent lors de sa combustion. Les principaux sont la nicotine, le monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbures aromatiques et les métaux lourds (dont le cadmium).
  • On estime que 37% des femmes sont fumeuses avant le début de leur grossesse et que 19.5% des femmes enceintes continuent de fumer pendant tout ou partie de celle-ci.
  • Il n’existe pas de donnée chiffrée sur le tabagisme passif en cours de grossesse, mais il s’agit d’une situation fréquente.

ETAT DES CONNAISSANCES

  • Avant la grossesse et en cours de grossesse, les produits de combustion du tabac ont des répercussions possibles, y compris lors du tabagisme passif :
    • Diminution de la fertilité et augmentation des grossesses extra-utérines (GEU) : un retard à la conception et une augmentation des GEU avec une relation dose-effet et une certaine réversibilité à l’arrêt du tabac ont été significativement associés au tabagisme féminin.
    • Fausses couches spontanées : l’augmentation des fausses couches spontanées associée au tabagisme maternel serait de 20 à 80% supérieure au taux attendu.
    • Hématome rétroplacentaire (HRP) et placenta bas inséré : une relation entre HRP et tabagisme maternel est établie, avec un effet-dose associé à la carboxyhémoglobinémie (HbCO), ainsi qu’une augmentation du risque lié à l’âge et à la parité. Les placentas bas insérés sont également plus fréquent (multiplié par 2 environ) en cas de tabagisme maternel.
    • Retard de croissance intra-utérin : une réduction d’environ 200 grammes du poids de naissance est observée chez les enfants de mères fumeuses en cours de grossesse, facteurs confondants pris en compte dans l’analyse. Cette réduction semble proportionnelle à l’importance du tabagisme maternel, et peut être également due au tabagisme passif. Un arrêt du tabagisme dans la 1ère partie de la grossesse permet d’améliorer le poids de naissance. La croissance post-natale des enfants ne semble pas affectée par le tabagisme maternel en cours de grossesse.
    • Prématurité : le tabagisme chez la femme enceinte est un facteur de risque de prématurité. Cette prématurité est en grande partie induite par la survenue plus fréquente d’accidents obstétricaux (HRP, placentas bas insérés, rupture prématurée de membranes), et semble dose-dépendante. Un arrêt du tabac en début de grossesse diminue ce risque.
    • Mort fœtale in utero : le tabagisme maternel est associé à un risque légèrement accru de morts fœtale in utero, les autres facteurs de risque étant pris en compte.
    • Malformations : les études sur le risque tératogène du tabac sont très nombreuses et portent sur plusieurs dizaines de milliers de grossesses.
      • En dépit de quelques résultats contradictoires, il est admis qu’aucune augmentation du risque global des malformations n’est à mettre sur le compte du tabagisme en cours de grossesse (ce risque est de 2 à 3% dans la population générale).
      • L’apparition de certaines malformations spécifiques est toujours en discussion. Il s’agit essentiellement de fentes faciales, voire de laparoschisis et de craniosténoses, pour lesquels l’association au tabagisme maternel est faible mais statistiquement significative. Ces résultats doivent être confirmés, et surtout certains facteurs de confusion doivent être analysés. Les conséquences, en terme de santé publique, mesurées par l’accroissement annuel de ces malformations en raison du tabagisme maternel sont pour le moment modérées, mais méritent d’être prises en compte. En termes individuels, ceci justifie une information pré-conceptionnelle chez les femmes fumeuses, mais conduit à une surveillance prénatale usuelle des grossesses chez ces femmes, sans surcroît d’inquiétude.
  • Allaitement :
    • La nicotine, ses dérivés et d’autres toxiques inhalés passent dans le lait maternel, et peuvent s’y concentrer. Leur élimination dans le lait est parfois plus longue que dans le sérum maternel et ils peuvent être retrouvés chez l’enfant allaité.
    • Les paramètres du développement de l’enfant allaité (croissance, acquisitions) ne semblent pas modifiés par le tabagisme maternel.
    • La fréquence des pathologies respiratoires est augmentée chez les enfants exposés à la fumée de tabac, mais de façon moindre chez les enfants allaités.

EN PRATIQUE

  • En cours de grossesse, il est souhaitable d’envisager toutes les mesures destinées à éviter la poursuite du tabagisme maternel.
  • Une prise en charge adaptée doit être entreprise, de préférence avant la conception ou du moins le plus rapidement possible au cours de la grossesse. Si un sevrage n’est pas possible, une substitution nicotinique est souhaitable et possible tout au long de la grossesse.
  • En cas d’allaitement : toutes les mesures de nature à éviter une imprégnation tabagique de l’enfant sont utiles (diminuer voire arrêter le tabac, ménager un espace sans fumée dans l‘habitation, allaiter au moins 2h1/2 après la dernière cigarette...).


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