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Méthotrexate - Exposition paternelle


Mise à jour : 11 mai 2020



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Le méthotrexate est un antimitotique antagoniste de l’acide folique.


ETAT DES CONNAISSANCES

  • Fertilité
    • Les données publiées concernant les effets du méthotrexate sur la fertilité masculine sont divergentes. Certaines études font état d’une oligo- ou d’une azoospermie réversibles à l’arrêt du traitement chez des patients traités par méthotrexate seul (psoriasis) ou associé à d’autres cytostatiques (cancers). D’autres études ne retrouvent pas ces effets.
  • Génotoxicité
    • Le méthotrexate est mutagène.
    • En cas de conception au cours d’un traitement paternel mutagène, le risque théorique est celui d’un effet sur le matériel génétique du spermatozoïde fécondant.
  • Conception au cours d’un traitement paternel
    • Les données publiées sur les enfants conçus par des hommes sous méthotrexate sont nombreuses (environ 700 grossesses), et aucun élément inquiétant n’est retenu à ce jour.
    • On ne retrouve pas d’augmentation des cancers ou des troubles du neurodéveloppement chez des enfants d’environ 6.5 ans conçus par des pères sous méthotrexate.
  • Conception à distance d’un traitement paternel
    • On ne retrouve pas d’augmentation des malformations et/ou des remaniements chromosomiques dans la descendance des pères dont un traitement mutagène a été arrêté à distance de la conception.

EN PRATIQUE

  • D’une manière générale, il est préférable d’éviter une conception sous traitement mutagène.
  • Avant la mise en route du traitement paternel
    • Compte tenu des propriétés mutagènes du méthotrexate et d’un risque potentiel sur la fertilité masculine, on pourra proposer une conservation de sperme avant l’instauration du traitement.
  • En prévision d’une grossesse
    • Le méthotrexate ne sera poursuivi chez un patient qui désire concevoir que si un immunosuppresseur non mutagène (ciclosporine, tacrolimus...) ne peut lui être prescrit. Cela n’est bien sûr envisageable que si la pathologie et l’état clinique du patient l’autorisent.
    • Bien qu’aucune donnée fiable ne permette actuellement de se prononcer, il est préférable, en théorie, d’attendre au moins 3 mois (un cycle de spermatogenèse) entre l’arrêt du méthotrexate et une conception.
  • Grossesse conçue en cours de traitement paternel ou dans les trois mois qui suivent son arrêt
    • Rassurer le couple quant aux conséquences du traitement paternel par méthotrexate sur la grossesse.
    • En raison des propriétés mutagènes de la molécule, envisager de principe la réalisation d’un dépistage combiné prénatal précoce et une surveillance échographique de qualité.
  • Poursuite du traitement paternel lors de la grossesse
    • On peut raisonnablement penser que la quantité de méthotrexate qui pourrait être présente dans le sperme, et donc éventuellement transmise à la femme enceinte mère lors de rapports non protégés, est très faible (aucun dosage dans le liquide séminal n’a été réalisé à notre connaissance).
    • A ce jour, aucun effet tératogène n’est attribué au traitement paternel par méthotrexate, contrairement à ce qui est décrit lors d’un traitement maternel (cliquez ici).
    • En conséquence, et compte-tenu des données cliniques disponibles (cf. Etat des connaissances), aucune précaution particulière ne semble justifiée si un traitement paternel par méthotrexate est poursuivi ou repris en cours de grossesse.


CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
Fax : +33 (0)144735395
- Réservé au corps médical.
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