Fermer
Imprimer


Lithium - Grossesse et allaitement


Mise à jour : 28 novembre 2019



Pour en savoir plus :

TERALITHE®


Le lithium est un thymorégulateur.
Ses effets indésirables sont notamment des troubles du rythme, des dysthyroïdies, une sédation, une hypotonie et un diabète insipide.
Le lithium s’élimine essentiellement au niveau rénal.


ETAT DES CONNAISSANCES (cliquez ici)


EN PRATIQUE

Psychotropes et grossesse : les points forts (cliquez ici)
  • Prescription de lithium chez la femme en âge de procréer
    • S’assurer qu’il n’y a pas de grossesse en cours.
    • L’utilisation d’une contraception est souhaitable.
    • Informer la patiente des effets du lithium en cas de grossesse (cf. Etat des connaissances).
  • En prévision d’une grossesse
    • Prévoir une consultation pré-conceptionnelle pour :
      • Reconsidérer l’opportunité d’une grossesse en cas de pathologie psychiatrique déséquilibrée et/ou de traitement psychotrope lourd,
      • Réévaluer la stratégie thérapeutique ; on préférera si possible, et avec l’accord du prescripteur :
        • soit recourir à un autre traitement (cf. Thymorégulateurs),
        • soit arrêter le lithium de la conception jusqu’à la fin de l’organogenèse cardiaque (50ème jour post-conception) pour éviter une éventuelle malformation cardiaque liée au lithium (cf. Etat des connaissances),
        • si après avis spécialisé, l’interruption du lithium de la conception jusqu’à la fin de l’organogenèse cardiaque (50ème jour post-conception) est difficile car elle risque de compromettre l’équilibre maternel, la poursuite du traitement est possible à la dose minimum efficace (cf. Etat des connaissances) et sous réserve d’une surveillance prénatale adaptée (cf. ci-dessous).
  • Traiter une femme enceinte
    • Avant 10 SA :
      • On préférera si possible un autre thymorégulateur pendant les 2 premiers mois de grossesse, en raison des effets du lithium sur le cœur foetal (cf. Thymorégulateurs).
      • En l’absence d’alternative, le lithium sera prescrit à la dose minimum efficace, si possible inférieure à 900 mg/jour, pendant la période d’organogenèse cardiaque (J21-J50 post conception) (cf. Etat des connaissances).
        Dans ce contexte, prévoir une surveillance échographique fœtale orientée sur le coeur.
      • Si le lithium est poursuivi au-delà de 10 SA, voir ci-dessous les éléments concernant la surveillance maternelle et foetale.
    • Après 10 SA :
      • Le lithium peut être introduit ou poursuivi à posologie efficace, si besoin supérieure à 900 mg/jour, puisque la période à risque pour les malformations cardiaques est passée (cf. Etat des connaissances).
      • La surveillance sera axée sur :
        • les lithiémies maternelles ; certaines équipes proposent une lithiémie mensuelle, puis hebdomadaire le dernier mois de grossesse (cf. Etat des connaissances).
        • le volume du liquide amniotique et la thyroïde fœtale.
      • En cas d’accouchement sous lithium, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
      • Si les posologies de lithium ont été augmentées du fait de la grossesse, elles seront rétablies dès l’accouchement au niveau antérieur à la grossesse, sous surveillance de la lithiémie maternelle.
    • Suivi à long terme des enfants exposés
      • Bien qu’aucun élément inquiétant particulier n’ait été signalé à ce jour avec le lithium, comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Découverte avant 10 SA :
      • Si la grossesse est découverte avant 10 SA (fin de l’organogenèse), une suspension du traitement est souhaitable jusqu’à 10 SA révolues (cf. Etat des connaissances).
      • En l’absence d’alternative, ce qui devra être évalué par un spécialiste, le lithium sera poursuivi à la dose minimum efficace, si possible inférieure à 900 mg/jour, pendant la période d’organogenèse cardiaque (J21-J50 post conception) (cf. Etat des connaissances).
        Dans ce contexte, prévoir une surveillance échographique fœtale orientée sur le coeur.
      • si le lithium est poursuivi au-delà de 10 SA, voir ci-dessous les éléments concernant la surveillance maternelle et foetale.
    • Découverte après 10 SA :
      • Si la grossesse est découverte après 10 SA, l’arrêt du traitement est inutile pour prévenir l’apparition d’une malformation.
    • En cas d’exposition au lithium pendant la période à risque de cardiopathie (J21 à J50 post-conception), le diagnostic échographique sera orienté sur le cœur fœtal.
      • L’avis d’un spécialiste est nécessaire à l’évaluation du bien-fondé de la poursuite du lithium en cours de grossesse.
      • Si le lithium est poursuivi, la surveillance sera axée sur :
        • les lithiémies maternelles ; certaines équipes proposent une lithiémie mensuelle, puis hebdomadaire le dernier mois de grossesse (cf. Etat des connaissances).
        • le volume du liquide amniotique et la thyroïde fœtale.
      • En cas d’accouchement sous lithium, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
      • Si les posologies de lithium ont été augmentées du fait de la grossesse, elles seront rétablies dès l’accouchement au niveau antérieur à la grossesse, sous surveillance de la lithiémie maternelle.
    • Suivi à long terme des enfants exposés
      • Bien qu’aucun élément inquiétant particulier n’ait été signalé à ce jour avec le lithium, comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement
  • Allaitement
    • Dans la littérature on retrouve une quarantine d’enfants allaités de mère sous lithium.
    • Les lithiémies de ces enfants peuvent atteindre 50%, voire plus, de celles de leurs mères.
    • Parmi ces enfants allaités, plusieurs effets réversibles à l’arrêt de l’allaitement ont été signalés :
      • Hypotonie, sédation
      • TSH élevée.
      • Cyanose, souffle cardiaque.
      • Urémie augmentée.
    • Rappelons que le lithium est un médicament à marge thérapeutique étroite et que la lithiémie peut augmenter notamment en cas de déplétion sodée (chaleur, fièvre, diarrhée, vomissements,...) ou de prise d’AINS (ibuprofène...).
    • Ces situations sont courantes chez les nourrissons et augmentent la toxicité du lithium ingéré par voie lactée.
    • Au vu de ces données, il est souhaitable de ne pas allaiter en cas de traitement par lithium.


Seuls quelques noms de spécialités sont mentionnés dans ce site. Cette liste est indicative et n’est pas exhaustive.


CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
Fax : +33 (0)144735395
- Réservé au corps médical.
www.lecrat.fr


Copyright CRAT 2020 - Tous droits réservés 2020 -