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Buprénorphine - Grossesse et allaitement


Mise à jour : 22 mai 2018



TEMGESIC® - SUBUTEX®


La buprénorphine est un agoniste partiel - antagoniste des récepteurs centraux opioïdes.
Elle est utilisée essentiellement comme traitement substitutif des pharmacodépendances majeures aux opiacés.
Sa demi-vie d’élimination est longue (une trentaine d’heures).


ETAT DES CONNAISSANCES

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes exposées à la buprénorphine en cours de grossesse sont nombreuses et rassurantes.
  • Aspect néonatal
    • La buprénorphine et son métabolite actif la nor-buprénorphine passent le placenta : les concentrations néonatales peuvent représenter jusqu’à 50 et 65% respectivement des concentrations maternelles.
    • Un syndrome de sevrage néonatal aux opiacés est probable en cas de prise chronique de buprénorphine jusqu’à l’accouchement.
      • Sa survenue et sa gravité ne dépendent pas forcément de la posologie maternelle.
      • Il survient dans un délai de quelques heures à quelques jours après la naissance.
      • Ce syndrome se manifeste notamment par une irritabilité, des trémulations, un cri aigu et une hypertonie.
  • Aspect neuro-développemental
    • Un effet spécifique de la buprénorphine sur le neuro-développement d’enfants d’âge préscolaire exposés in utero à la buprénorphine n’est pas retenu à ce jour.
  • Aspect maternel
    • Une diminution des concentrations plasmatiques de buprénorphine est possible en cours de grossesse.

EN PRATIQUE

La prise en charge de la dépendance majeure aux opiacés est primordiale en cours de grossesse
  • En prévision d’une grossesse
    • Dans le traitement de substitution aux opiacés, il n’est pas justifié d’interrompre la buprénorphine en vue d’une grossesse.
  • Traiter une femme enceinte
    • Il est possible d’utiliser la buprénorphine quel que soit le terme de la grossesse.
    • Les posologies devront parfois être augmentées en cours de grossesse pour maintenir l’efficacité de la substitution.
    • Informer l’équipe de la maternité du traitement maternel pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif de la buprénorphine.
    • Il est possible d’utiliser la buprénorphine quel que soit le terme de la grossesse.
    • Les posologies devront parfois être augmentées en cours de grossesse pour maintenir l’efficacité de la substitution.
    • Informer l’équipe de la maternité du traitement maternel pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
  • Allaitement
    • La quantité de buprénorphine et de son métabolite actif (norbuprénorphine) ingérée via le lait est très faible : l’enfant reçoit (en mg/kg) environ 1% de la dose maternelle.
    • Aucun événement particulier n’est signalé à ce jour chez des enfants allaités.
    • La biodisponibilité de la buprénorphine par voie orale est faible.
    • Au vu de ces données, l’utilisation de la buprénorphine est possible en cours d’allaitement.
    • Ceci sera reconsidéré en cas de prises d’autres substances : alcool, toxiques, psychotropes...
    • Les quantités ingérées via le lait sont insuffisantes pour traiter un sevrage néonatal à la buprénorphine.


Seuls quelques noms de spécialités sont mentionnés dans ce site. Cette liste est indicative et n’est pas exhaustive.


CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
Fax : +33 (0)144735395
- Réservé au corps médical.
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