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Etat des connaissances sur les grossesses après cancer


Mise à jour : 2 février 2017



  • Mutagenèse
    • L’effet mutagène dépend du stade de différenciation de la cellule : plus les cellules se divisent, plus elles sont sensibles à un effet létal et mutagène, mais les capacités de réparation sont importantes.
    • Sur la base des études réalisées chez l’animal, une atteinte des spermatogonies différenciées et des spermatocytes de 1er ordre a peu de conséquences, alors que le risque est plus important si les spermatides et a fortiori les spermatozoïdes ont été directement exposés. Lorsqu’une spermatogonie souche est atteinte, il existe un risque résiduel faible mais définitif qui se retrouvera dans toutes les cellules filles.
    • Aucune donnée n’est disponible sur les ovocytes.
  • Anomalies chromosomiques
    • Les études de chromosomes de spermatozoïdes chez l’homme ne permettent pas de conclure. Le matériel chromosomique des spermatozoïdes a été étudié après chimiothérapie et/ou radiothérapie (cas isolés ou petites séries). Il semble que les anomalies chromosomiques, de nombre ou de structure, soient plus fréquentes quand le délai entre l’analyse chromosomique et le traitement est court, en particulier inférieur à trois mois et, semble-t-il, quand les patients ont reçu une radiothérapie abdominale. Cependant, pour certains de ces patients, des anomalies importantes sont retrouvées même 20 ans après le traitement.
    • Par ailleurs, deux cohortes comparatives retrouvent dans les spermatozoïdes une diminution (significative dans un cas, non significative dans l’autre) des fragmentations de l’ADN pendant 1 à 2 ans après le traitement, leur nombre ré-augmentant jusqu’à celui des témoins après ce délai.
  • Grossesses
    • La descendance des enfants et des adultes traités pour cancer a été étudiée dans plusieurs grandes cohortes rétrospectives (quelques centaines à quelques milliers de grossesses dans chaque étude). Leurs résultats sont concordants :
      • Seules les femmes ayant reçu une radiothérapie abdominale massive, essentiellement pour tumeur rénale dans l’enfance, ont une fréquence accrue de fausses couches, d’accouchements prématurés, de petits poids de naissance et de décès périnataux. Tous ces « accidents » ne seraient pas liés à l’effet mutagène des traitements mais aux séquelles locales et loco-régionales de la radiothérapie au niveau de l’utérus (endomètre, myomètre), de la vascularisation, etc. L’absence d’augmentation significative de la fréquence des malformations dans la descendance de ces femmes vient à l’appui de cette origine non mutagène des complications de grossesse.
      • Pour tous les hommes traités et pour tous les autres types de traitements chez la femme (chimiothérapie et/ou radiothérapie non abdominale), on ne retrouve pas d’augmentation des fausses couches, ni des grossesses pathologiques, ni des malformations, et cela, quels que soient les types de cancer, les molécules utilisées, leur posologie et les doses-gonades de radiothérapie.
    • Le caryotype de la descendance, sur sang périphérique ou amniocentèse, est normal dans les quelques études qui s’y sont intéressées.
    • La fréquence des cancers non héréditaires dans la descendance n’est pas augmentée, sur la base du suivi de près de 20 000 enfants d’environ 15 ans, dont un des parents a été traité par anticancéreux avant la conception.