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Codéine


Mise à jour : 11 janvier 2016



Pour en savoir plus :

CODEDRILL® - DICODIN® - NEO-CODION® - PADERYL®


La codéine est un dérivé morphinique antitussif d’action centrale et un antalgique de palier 2 (opioïde léger).
La codéine est métabolisée au niveau du foie pour partie en morphine (5%) par le cytochrome P450 2D6 (CYP2D6). En raison du polymorphisme génétique de celui-ci certains sujets (métaboliseurs ultra-rapides) sont exposés à des concentrations élevées de morphine.


ETAT DES CONNAISSANCES

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes exposées au 1er trimestre de grossesse sont très nombreuses et rassurantes. La possibilité d’une faible augmentation des malformations cardiaques a été soulevée par quelques études mais elle n’a pas été confirmée à ce jour.
  • Aspect néonatal
    • La codéine utilisée jusqu’à l’accouchement à doses suprathérapeutiques peut être responsable d’un syndrome de sevrage chez le nouveau-né. Il se manifeste notamment par une irritabilité, des trémulations, un cri aigu et une hypertonie, survenant à distance de la naissance. Son délai d’apparition dépend de la demi-vie d’élimination du médicament. Plus celle-ci est longue, plus le délai est important.

EN PRATIQUE

  • Traiter une femme enceinte
    • Il est possible d’utiliser la codéine à posologie usuelle quel que soit le terme de la grossesse.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif de la codéine.
    • Si un antalgique de palier 2 ou un antitussif central doivent être maintenus, la codéine pourra être utilisée à posologie usuelle quel que soit le terme de la grossesse.
  • Allaitement
    • La quantité de codéine ingérée via le lait est faible : l’enfant reçoit (en mg/kg) jusqu’à 7% de la dose maternelle (calcul effectué sur un petit effectif).
    • La codéine est métabolisée en morphine. L’enfant allaité reçoit donc de la codéine et de la morphine via le lait.
      • Lors de traitements brefs en suites de couches, à raison en moyenne de 4 prises de 60 mg de codéine, les concentrations plasmatiques de morphine chez les enfants allaités, peuvent atteindre 20 % des concentrations analgésiques pédiatriques de morphine.
      • Quelques effets transitoires (cyanose et/ou apnée, bradycardie) ont été rapportés chez des nouveaux-nés allaités dans la 1ère semaine de vie par des mères traitées.
      • Un nouveau-né est décédé à 13 jours de vie d’une intoxication à la morphine. La mère a reçu 120 mg de codéine le lendemain de l’accouchement, puis 60 mg/j les 2 semaines suivantes (la dose est diminuée en raison d’effets indésirables maternels : somnolence, constipation). Les mesures effectuées dans le lait le 10ème jour et dans le plasma de l’enfant en post-mortem, retrouvent des taux de morphine très élevés. La mère a un déterminisme génétique de métaboliseur ultra-rapide de la codéine (augmentation de la formation de morphine).
    • Au vu de l’ensemble de ces données, on préfèrera utiliser un autre antalgique pendant l’allaitement (cf. Douleur et allaitement).
    • Si une autre option ne convient pas, on pourra envisager un traitement par codéine pendant l’allaitement à condition qu’il soit bref (de l’ordre de 2-3 jours) et à la dose la plus faible possible. En cas de mauvaise tolérance maternelle (sédation...), la poursuite de l’allaitement doit être reconsidérée. En effet, celle-ci reflète peut-être un métabolisme maternel ultra-rapide de la codéine en morphine, avec un risque potentiel pour l’enfant allaité.


Seuls quelques noms de spécialités sont mentionnés dans ce site. Cette liste est indicative et n’est pas exhaustive.


CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
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Fax : +33 (0)144735395
- Réservé au corps médical.
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