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Modafinil - Grossesse et allaitement


Mise à jour : 18 février 2022



Pour en savoir plus :

"Malformations congénitales majeures en cas d’exposition au modafinil : des résultats contradictoires". voir l’analyse critique du CRAT


MODIODAL®


Le modafinil est un médicament éveillant, non amphétaminique.
Il est utilisé dans les narcolepsies.
Le modafinil est un inducteur enzymatique hépatique et peut diminuer l’efficacité de la contraception orale.


ETAT DES CONNAISSANCES

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez des femmes enceintes exposées au modafinil au 1er trimestre de la grossesse sont peu nombreuses.
    • Les résultats de trois études récentes (2020 et 2021) portant sur l’exposition au modafinil au 1er trimestre de la grossesse sont contradictoires.
    • A ce jour, compte tenu des forces et des faiblesses méthodologiques respectives de ces travaux, il n’est pas possible de statuer ni sur l’existence ou l’absence d’un risque tératogène, ni sur sa nature exacte si celui-ci existe (absence d’identification d’un risque malformatif spécifique) (pour plus d’information cliquer ici)
    • Le modafinil n’est pas tératogène chez l’animal.
  • Aspect foetal et néonatal
    • Les données publiées sur l’exposition au modafinil au 2ème et/ou 3ème trimestres de la grossesse sont quasi inexistantes.
    • Cependant, aucun effet fœtal/néonatal attribuable au traitement n’a été rapporté à ce jour chez des nouveau-nés de mères exposées au modafinil.
    • Si le modafinil est poursuivi jusqu’à l’accouchement, compte tenu de ses propriétés pharmacologiques, un effet éveillant est en théorie susceptible de se manifester chez le nouveau-né.

EN PRATIQUE

  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Une consultation préconceptionnelle permettra de faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse.
    • Si l’arrêt du traitement compromet sérieusement l’état de la patiente, le modafinil pourra être poursuivi jusqu’à la confirmation la plus précoce possible de la grossesse.
    • En raison des incertitudes relatives à la réalité et à la nature d’un risque tératogène du modafinil, par prudence, on préférera suspendre le traitement durant les 10 premières semaines d’aménorrhée (SA) (période d’organogénèse) (cf. Etat des connaissances).
    • Si, au vu de la sévérité de la pathologie maternelle et de l’absence d’alternative thérapeutique mieux connue chez la femme enceinte, une reprise du modafinil est nécessaire, elle est envisageable au-delà de 10 SA et pour le reste de la grossesse.
  • Découverte d’une grossesse en cours de traitement
    • Ne pas inquiéter la patiente quant au risque malformatif éventuel du modafinil.
    • En raison des incertitudes relatives à la réalité et à la nature d’un risque tératogène du modafinil, par prudence, on préférera suspendre le traitement durant les 10 premières semaines d’aménorrhée (SA) (période d’organogénèse) (cf. Etat des connaissances).
    • En cas d’exposition au modafinil avant 10 SA, envisager de principe une surveillance échographique fœtale de qualité (sans qu’il ne soit possible d’orienter l’examen sur un organe cible) (cf. Etat des connaissances).
    • Si, au vu de la sévérité de la pathologie maternelle et de l’absence d’alternative thérapeutique mieux connue chez la femme enceinte, une reprise du modafinil est nécessaire, elle est envisageable au-delà de 10 SA et pour le reste de la grossesse.
  • Traiter une femme enceinte
    • Avant 10 semaines d’aménorrhée (période d’organogenèse)
      • En raison des incertitudes relatives à la réalité et à la nature d’un risque tératogène du modafinil, par prudence, on préférera ne pas introduire le traitement durant les 10 premières semaines d’aménorrhée (SA). (cf. Etat des connaissances).
    • Après 10 semaines d’aménorrhée
      • Si au vu de la sévérité de la pathologie maternelle et de l’absence d’alternative thérapeutique mieux connue chez la femme enceinte le modafinil est nécessaire, son utilisation est envisageable au-delà de 10 SA et pour le reste de la grossesse.
      • En cas de poursuite du modafinil jusqu’à l’accouchement, prévenir les pédiatres en maternité de la possibilité théorique d’apparition d’effets éveillants chez le nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
  • Allaitement
    • La quantité de modafinil ingérée via le lait est faible : l’enfant reçoit environ 5% de la dose maternelle (en mg/kg). Toutefois, ce calcul n’a été effectué que chez une seule patiente.
    • Rappelons que le modafinil est un médicament éveillant.
    • De plus, il est peu lié aux protéines plasmatiques et a une demi-vie longue (15h). Ce sont des facteurs de risque d’accumulation de la molécule chez l’enfant allaité.
    • Au vu de ces données, il est préférable de ne pas utiliser le modafinil chez une femme qui allaite.
  • Si l’une de vos patientes est exposée au modafinil en cours de grossesse ou d’allaitement, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT pour contribuer à enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme enceinte et allaitante.


CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
Fax : +33 (0)144735395
- Réservé au corps médical.
www.lecrat.fr


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