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Etat des connaissances sur le phénobarbital


Mise à jour : 8 décembre 2017



  • Aspect malformatif
    • Les études récentes montrent que l’épilepsie n’a pas de rôle propre dans la survenue de malformations.
    • Les données chez les femmes exposées au phénobarbital en cours de grossesse sont très nombreuses et ne montrent pas d’augmentation de la fréquence globale des malformations (qui est d’environ 2 % dans la population générale).
    • Cependant certaines malformations particulières ont été attribuées au phénobarbital. Ces effets sont fortement suspectés, mais les outils méthodologiques utilisés ne permettent pas de confirmer ce lien à ce jour :
      • cardiopathies congénitales, fentes labio-narinaires ou palatines, hypospadias, et parfois : dysmorphie faciale, microcéphalie et hypoplasie des dernières phalanges et des ongles.
      • une relation dose-effet a été évoquée, en particulier à partir de 150 mg/j. Ceci doit être confirmé.
    • La présence dans la fratrie d’un enfant atteint d’anomalies après l’exposition in utero au phénobarbital serait un facteur de risque de récidive pour une grossesse ultérieure.
  • Aspect néonatal
    • Le phénobarbital passe le placenta. Les concentrations maternelles et néonatales sont équivalentes.
    • Chez des nouveau-nés de mères traitées par phénobarbital jusqu’à l’accouchement on observe parfois :
      • Des symptômes liés à l’imprégnation du nouveau-né par le phénobarbital, notamment une sédation, une hypotonie et une mauvaise succion.
      • Des symptômes liés à un sevrage (troubles du sommeil, hyperexcitabilité, trémulations...) qui surviennent avec un délai de quelques jours, succédant ou non à des signes d’imprégnation.
      • Quelques rares hémorragies néonatales précoces, dues à l’effet inducteur enzymatique du phénobarbital qui diminue les facteurs vitamine K-dépendants du nouveau-né.
  • Aspect neuro-comportemental
    • Des retards psychomoteurs ont été décrits dans des observations anciennes chez des enfants de femmes traitées par phénobarbital, souvent en polythérapie.
    • Les quelques études récentes sur le développement psychomoteur des enfants de femmes traitées par phénobarbital ne permettent pas de conclure.
  • Aspect maternel
    • Les concentrations plasmatiques de phénobarbital peuvent diminuer dans la deuxième partie de la grossesse.
    • Une augmentation de la posologie peut être nécessaire en cas de réapparition des crises épileptiques en cours de grossesse. Dans ce cas, les posologies seront réajustées dans le post-partum pour éviter un surdosage.