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Certolizumab - Grossesse et allaitement


Mise à jour : 6 décembre 2018



Pour en savoir plus :

CIMZIA®


Le certolizumab est un fragment Fab’ d’anticorps pégylé, immunosuppresseur anti-TNFα.
Il s’utilise par voie sous-cutanée.
Sa demi-vie d’élimination plasmatique est longue (14 jours en moyenne).
Ses effets indésirables sont notamment d’ordre infectieux.
De plus, il peut masquer les symptômes d’une infection, tels que la fièvre.


ETAT DES CONNAISSANCES

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au certolizumab au 1er trimestre sont nombreuses et rassurantes.
  • Aspect néonatal
    • Le passage placentaire du certolizumab est faible, inférieur à 4% le plus souvent.
    • Le certolizumab a été poursuivi au cours du 2ème et/ou du 3ème trimestre chez environ 200 patientes. Aucun effet particulier n’a été observé chez les enfants à la naissance ou suivis jusqu’à l’âge de 1 an pour la moitié d’entre eux.
    • Avec un autre anti-TNFα poursuivi toute la grossesse (infliximab) le décès d’un nourrisson consécutif à une vaccination post-natale par un vaccin vivant (BCG) a été rapporté (pour plus d’info, cliquez ici).
    • Compte-tenu des éléments disponibles et malgré un passage placentaire faible, à ce jour les enfants de mère traitée par certolizumab sont donc à considérer de principe comme immunodéprimés pendant les 2 mois et demi qui suivent la dernière injection maternelle, vie foetale comprise.
  • Aspect maternel
    • Une légère augmentation du risque infectieux a été décrite chez des femmes enceintes traitées par d’autres anti-TNFα. En théorie, celle-ci est possible lors de l’utilisation du certolizumab.

EN PRATIQUE

Après la naissance, attention aux vaccins vivants chez les enfants de mère traitée par anti-TNFα au cours de la deuxième moitié de la grossesse.
  • En prévision d’une grossesse
    • Le certolizumab pourra être poursuivi jusqu’à la découverte de la grossesse.
  • En cours de grossesse
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif du certolizumab.
    • Si après avis du prescripteur, le certolizumab est nécessaire à l’équilibre maternel, il peut être utilisé quel que soit le terme de la grossesse.
    • En raison de l’immunosuppression induite par le traitement, on tiendra compte d’un risque potentiellement accru d’infection materno-fœtale (listériose, CMV, toxoplasmose…), ce d’autant que le traitement peut masquer la fièvre.
    • Le fœtus et/ou l’enfant doit être considéré comme immunodéprimé pendant les 2 mois et demi suivant la dernière injection maternelle (cf. Etat des connaissances et pour plus d’info, cliquez ici).
    • Si un traitement est poursuivi au 3ème trimestre et malgré un passage placentaire faible, les intervenants prenant en charge le nouveau-né devront en être avertis afin d’adapter sa prise en charge, en particulier sur le plan infectieux et pour éventuellement différer au-delà de 2 mois et demi après la dernière injection maternelle, l’administration des vaccins vivants (cf. Vaccination des personnes immunodéprimées, p 266 du Guide des vaccinations INPES 2012. Cliquez ici).
  • Vaccination des enfants de mère traitée
    • Rappelons que les enfants dont la mère a été traitée par certolizumab en cours de grossesse sont considérés comme immunodéprimés pendant les 2 mois et demi après la dernière injection maternelle (vie fœtale comprise) (cf. Etat des connaissances et pour plus d’info, cliquez ici).
    • En conséquence :
      • pour les vaccins vivants (BCG…), le protocole vaccinal doit être adapté (cf. Vaccination des personnes immunodéprimées, p 266 du Guide des vaccinations INPES 2012. Cliquez ici).
      • pour les vaccins inactivés, il n’y a pas lieu de retarder la vaccination.
  • Allaitement
    • Les concentrations de certolizumab dans le lait sont très faibles voire indétectable (dosages effectués sur une trentaine de patientes).
    • Le certolizumab est indétectable dans le plasma d’enfants allaités de mères traitées (une dizaine d’enfants).
    • Le suivi d’environ 300 enfants allaités en moyenne 7 mois par des mères sous anti-TNFα, dont une soixantaine sous certolizumab, ne met pas en évidence d’augmentation des infections pendant les 12 premiers mois de vie.
    • De plus, du fait de sa structure polypeptidique, le certolizumab est probablement détruit dans le tube digestif, ce qui rend peu vraisemblable une exposition systémique de l’enfant via le lait.
    • Au vu de ces éléments, l’utilisation de certolizumab est possible chez une femme qui allaite.


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