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Lithium - Grossesse et allaitement

Mise à jour : 27 mars 2023



TERALITHE®


Le lithium est un thymorégulateur.
Ses effets indésirables sont notamment des troubles du rythme cardiaque, des dysthyroïdies, une sédation, une hypotonie et un diabète insipide.
Le lithium s’élimine essentiellement au niveau rénal.


ETAT DES CONNAISSANCES (cliquez ici)


EN PRATIQUE

Psychotropes et grossesse : les points clés (cliquez ici)
  • Prescription de lithium chez la femme en âge de procréer
    • S’assurer qu’il n’y a pas de grossesse en cours.
    • L’utilisation d’une contraception est souhaitable.
    • Informer la patiente des effets du lithium en cas de grossesse (cf. Etat des connaissances).
  • En prévision d’une grossesse / En préconceptionnel
    • Prévoir une consultation préconceptionnelle pour :
      • Reconsidérer l’opportunité d’une grossesse en cas de pathologie psychiatrique déséquilibrée et/ou de traitement psychotrope lourd,
      • Réévaluer la stratégie thérapeutique, car on préférera si possible dans la perspective d’une grossesse, et avec l’accord du prescripteur :
        • soit recourir à un autre traitement thymorégulateur,
        • soit arrêter le lithium du diagnostic le plus précoce possible de la grossesse (à 4 SA au plus tard) jusqu’à la fin de l’organogenèse cardiaque (50ème jour post-conception), pour éviter une éventuelle malformation cardiaque liée au lithium (cf. Etat des connaissances),
      • Si après avis spécialisé, l’interruption du lithium du diagnostic le plus précoce possible de la grossesse (à 4 SA au plus tard) jusqu’à la fin de l’organogenèse cardiaque (50ème jour post-conception) est difficile car elle risque de compromettre l’équilibre maternel, la poursuite du traitement est possible à la dose minimum efficace (cf. Etat des connaissances), et sous réserve d’une surveillance prénatale adaptée (cf. « Traiter une femme enceinte »).
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Avant 10 semaines d’aménorrhée (SA) (période d’organogenèse) :
      • Informer la patiente enceinte des effets décrits avec le lithium (cf. Etat des connaissances).
      • La surveillance prénatale sera principalement orientée sur le cœur fœtal.
      • Une suspension du traitement est souhaitable jusqu’à 10 SA révolues en raison du risque malformatif décrit avec le lithium.
      • En l’absence d’alternative, ce qui doit être évalué par un spécialiste, le lithium pourra être poursuivi à la dose minimum efficace pendant la période d’organogenèse cardiaque (J21-J50 post conception) (cf. Etat des connaissances).
      • Pour la suite de la grossesse, voir « Traiter une femme enceinte ».
    • Après 10 SA (après l’organogenèse) :
      • Si la grossesse est découverte après 10 SA, l’arrêt du traitement est inutile pour prévenir l’apparition d’une malformation.
      • En cas d’exposition au lithium pendant la période à risque de cardiopathie (J21 à J50 post-conception), le diagnostic échographique sera orienté sur le cœur fœtal.
      • L’avis d’un spécialiste est nécessaire à l’évaluation du bien-fondé de la poursuite du lithium en cours de grossesse.
      • Si le lithium doit être poursuivi, voir « Traiter une femme enceinte ».
  • Traiter une femme enceinte
    • Avant 10 SA (période d’organogenèse) :
      • On préférera si possible un autre thymorégulateur pendant cette période, en raison de l’effet malformatif du lithium sur le cœur fœtal.
      • En l’absence d’alternative, le lithium sera prescrit à la dose minimum efficace pendant la période d’organogenèse cardiaque (J21-J50 post conception) (cf. Etat des connaissances).
        Dans ce contexte, prévoir une surveillance échographique prénatale orientée principalement sur le cœur foetal.
      • Si le lithium est poursuivi au-delà de 10 SA, voir ci-dessous les éléments concernant la surveillance maternelle et foetale.
    • Après 10 SA (après l’organogenèse) :
      • A ce terme de la grossesse, un effet malformatif du lithium n’est plus attendu
      • Le lithium peut être introduit ou poursuivi à posologie efficace.
      • La surveillance maternelle et fœtale sera axée sur :
        • les lithiémies maternelles : certaines équipes proposent une lithiémie mensuelle, puis hebdomadaire le dernier mois de grossesse (cf. Etat des connaissances).
        • le volume du liquide amniotique et la thyroïde fœtale.
      • En cas d’accouchement sous lithium, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
      • Si les posologies de lithium ont été augmentées du fait de la grossesse, elles seront rétablies dès l’accouchement au niveau antérieur à la grossesse, sous surveillance de la lithiémie maternelle.
    • Suivi à long terme des enfants exposés in utero
      • Bien qu’aucun effet particulier n’ait été mis en évidence à ce jour avec le lithium, comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.
  • Allaitement
    • Dans la littérature on retrouve près de 90 enfants allaités de mère sous lithium.
    • Les lithiémies de ces enfants peuvent atteindre 50% de celles de leur mère.
    • Parmi ces enfants allaités, plusieurs effets réversibles à l’arrêt de l’allaitement ont été signalés (hypotonie, sédation, cyanose, souffle cardiaque, TSH élevée ou encore urémie augmentée).
    • Rappelons que la lithiémie peut augmenter notamment en cas de déplétion sodée (chaleur, fièvre, diarrhée, vomissements,...) ou de prise d’AINS (ibuprofène...).
      • Ces situations sont courantes chez les nourrissons et augmentent la toxicité potentielle du lithium ingéré via le lait car sa marge thérapeutique est étroite.
    • Au total, au vu de l’ensemble des éléments précédents :
      • Un allaitement exclusif n’est pas souhaitable en cas de traitement maternel par lithium.
      • Si un allaitement mixte est entrepris, pouvant permettre de diminuer l’exposition de l’enfant au lithium via le lait :
        • On restera vigilant quant à l’état général de l’enfant allaité pendant toute la durée de l’allaitement mixte (prise de poids, sédation, trémulation…)
        • Une surveillance biologique de l’enfant allaité pourra également être proposée. Certaines équipes préconisent dans ce contexte :
          • une lithiémie et un bilan de la fonction rénale et thyroïdienne de l’enfant allaité dans les 2 premières semaines de vie puis régulièrement (toutes les 4-12 semaines)
          • la suspension éventuelle des bilans biologiques chez l’enfant allaité en cas de lithiémie < 0,1 mmol/L, si son état clinique est bon et que les posologies maternelles de lithium ne sont pas augmentées.
        • En cas de survenue de signes cliniques ou d’anomalies biologiques chez l’enfant allaité, la poursuite de l’allaitement mixte sera réévaluée.

- Si l’une de vos patientes est exposée au lithium en cours de grossesse ou d’allaitement, nous vous invitons à prendre contact avec le CRAT pour contribuer à enrichir les connaissances sur ce médicament chez la femme enceinte et qui allaite.


Seuls quelques noms de spécialités sont mentionnés dans ce site. Cette liste est indicative et n’est pas exhaustive.


CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
Réservé au corps médical.
www.lecrat.fr


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Pour en savoir plus :

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