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Etat des connaissances sur la cocaïne


Mise à jour : 18 mai 2018



Les données en cours de grossesse sont très nombreuses et de qualité très variable.
Les effets mentionnés ci-dessous ont été sélectionnés en fonction de la validité des études où ils ont été mis en évidence.

Les complications principales de l’exposition à la cocaïne en cours de grossesse sont dues à son effet vasoconstricteur très puissant. Elles sont majorées par la prise concomitante d’alcool, de tabac, de cannabis ou d’autres substances.
  • La cocaïne passe bien le placenta.
  • Fausses couches spontanées : légèrement augmentées.
  • Retards de croissance in utero : multipliés par deux environ.
  • Malformations :
    • Une légère augmentation du risque global de malformations par rapport à celui d’une population non exposée est retrouvée.
    • Ce risque n’est plus significatif lorsque l’exposition à la cocaïne est comparée à l’exposition à d’autres drogues.
    • Différents types de malformations ont été évoqués mais les résultats des études sont très controversés et sujets à caution en raison des méthodologies utilisées. Parmi celles-ci on peut signaler, sans preuve d’un lien de causalité à ce jour :
      • Des anomalies de l’arbre urinaire (surtout des pyélectasies)
      • Des cardiopathies congénitales (essentiellement persistance du canal artériel résistant au traitement par indométacine).
    • Des cas isolés de malformations mises sur le compte de l’effet vasoconstricteur puissant de la cocaïne (« vascular disruptions ») : atrésies intestinales, réductions de segments de membres, lésions d’ischémie ou d’hémorragie cérébrale fœtale...
  • Liquide amniotique, rythme cardiaque fœtal : la fréquence des hydramnios est augmentée chez les femmes enceintes poursuivant la cocaïne, sans explication physiopathologique particulière. Des anomalies du rythme cardiaque fœtal peuvent survenir (tachycardie, variabilité diminuée, absence d’accélérations).
  • Hématome rétroplacentaire (HRP) : la cocaïne, qu’elle soit seule ou associée à d’autres drogues, multiplie par 4 à 5 le risque d’HRP (avec éventuellement une mort fœtale in utero). L’HRP peut survenir dans les suites immédiates de la prise de cocaïne.
  • Rupture prématurée des membranes : l’exposition régulière à la cocaïne augmente la fréquence des ruptures prématurées des membranes d’un facteur 3 à 4, en particulier lors de la prise concomitante d’autres drogues.
  • Poids et taille de naissance :
    • Le poids de naissance des enfants est diminué de 500 g en moyenne.
    • Les poids de naissance inférieurs à 2500 g sont 3 à 4 fois plus fréquents.
    • La taille de naissance est diminuée de 2 à 3 cm en moyenne.
    • Ces différences disparaissent lorsque la population exposée à la cocaïne est comparée à des utilisatrices d’autres drogues.
  • Prématurité : la prise de cocaïne en cours de grossesse augmente le risque de prématurité (d’un facteur 2 à 3). Cette prématurité est en grande partie induite par la survenue plus fréquente d’accidents obstétricaux (HRP, placenta bas inséré, rupture prématurée de membranes).
  • Troubles néonatals : des effets néonatals mis sur le compte de la prise de cocaïne en fin de grossesse et avant l’accouchement sont rapportés : hypertonie, réflexes vifs, hyperexcitabilité, trémulations, convulsions ...
  • Effets à distance : en cas de prise de cocaïne au long cours durant la grossesse, des troubles cognitivo-comportementaux sont rapportés chez des enfants suivis jusqu’à l’âge de 17 ans. A ce jour, ce type de troubles n’a pas été signalé en cas de prise ponctuelle de cocaïne avant le diagnostic de grossesse.
  • Allaitement : la cocaïne passe dans le lait maternel.