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Clonazépam - Grossesse et allaitement


Mise à jour : 2 octobre 2020



Pour en savoir plus :

RIVOTRIL®


Le clonazépam est une benzodiazépine utilisée dans le traitement de l’épilepsie.
Sa demi-vie d’élimination plasmatique est longue, en moyenne de l’ordre de 40 heures.
L’interruption brutale d’un traitement chronique par une benzodiazépine expose à un risque de sevrage.


ETAT DES CONNAISSANCES

  • Passage placentaire
    • Le clonazépam passe le placenta : les concentrations néonatales mesurées au sang de cordon sont proches des concentrations plasmatiques maternelles.
  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au clonazépam au 1er trimestre de la grossesse sont très nombreuses et rassurantes.
    • Par ailleurs à ce jour, aucun effet malformatif n’est attribué à l’exposition aux benzodiazépines au 1er trimestre de la grossesse.
    • Des études cas-témoins très anciennes rapportent un faible risque de fentes labio-narinaires et/ou palatines en cas d’exposition aux benzodiazépines au 1er trimestre de la grossesse. La qualité méthodologique de ces études ne permet pas de retenir cette association, qui n’est par ailleurs pas retrouvée dans des études de méthodologie plus satisfaisante et sur des effectifs plus conséquents.
  • Aspect foetal
    • Une diminution des mouvements actifs fœtaux et/ou de la variabilité du rythme cardiaque fœtal a parfois été observée lors de prises d’une benzodiazépine aux 2ème et/ou 3ème trimestres de grossesse, en particulier à fortes doses. Ces signes sont réversibles à l’arrêt ou à la diminution du traitement.
  • Aspect néonatal
    Les benzodiazépines utilisées jusqu’à l’accouchement peuvent entraîner chez le nouveau-né deux types d’événements transitoires qui peuvent se succéder :
    • Des signes d’imprégnation, tels qu’une hypotonie axiale et des troubles de la succion entraînant une mauvaise prise de poids, en particulier à forte dose. Ces signes sont réversibles, mais peuvent durer de 1 à 3 semaines en fonction de la demi-vie d’élimination plasmatique de la benzodiazépine.
    • Moins fréquemment, un syndrome de sevrage néonatal lors de traitements maternels chroniques, même à faibles doses, poursuivis jusqu’à l’accouchement ou arrêtés brutalement quelques jours avant. Il est caractérisé notamment par une hyperexcitabilité, une agitation et des trémulations néonatales, survenant à distance de l’accouchement. Son délai d’apparition dépend de la demi-vie d’élimination plasmatique de la benzodiazépine. Plus celle-ci est longue, plus le délai est important.
  • Aspect neurodéveloppemental
    • A ce jour, les données disponibles concernant les enfants exposés in utero au clonazépam ne mettent pas en évidence de troubles neurodéveloppementaux. Ces enfants ont pour certains été évalués jusqu’à l’âge de 15 ans.

EN PRATIQUE

Il est important que l’épilepsie soit bien équilibrée tout au long de la grossesse.

Ne pas arrêter ou modifier un traitement antiépileptique sans l’avis du spécialiste.

  • En prévision d’une grossesse
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable afin de faire le point sur la pathologie et son traitement en vue d’une future grossesse (cliquez ici).
    • Il n’est pas justifié d’arrêter ou de modifier un traitement par clonazépam dans la perspective d’une grossesse.
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes épileptiques traitées, cliquez ici.
  • Traiter une femme enceinte
    • L’utilisation du clonazépam est possible quel que soit le terme de la grossesse.
    • Si le clonazépam est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes épileptiques traitées, cliquez ici.
    • Suivi de l’enfant à long terme :
      • Bien qu’aucun élément inquiétant particulier n’ait été signalé à ce jour avec le clonazépam, comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif du clonazépam.
    • Le clonazépam pourra être poursuivi pour la suite de la grossesse.
    • Si le clonazépam est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. Etat des connaissances).
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique chez les femmes épileptiques traitées, cliquez ici.
    • Suivi de l’enfant à long terme :
      • Bien qu’aucun élément inquiétant particulier n’ait été signalé à ce jour avec le clonazépam, comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.

ALLAITEMENT

  • La quantité de clonazépam ingérée via le lait semble assez faible : la dose reçue par l’enfant représente au maximum 4% de la dose maternelle (en mg/kg).
  • Dans la littérature, parmi une trentaine d’enfants allaités, quelques-uns ont présenté des effets indésirables (sédation, hypotonie, apnée) compatibles avec le profil pharmacologique du clonazépam.
  • La demi-vie d’élimination plasmatique du clonazépam est longue : jusqu’à 60 heures. Ceci est un facteur de risque d’accumulation chez l’enfant allaité.
  • Au vu de ces éléments, il est préférable de ne pas allaiter sous clonazépam.


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- Réservé au corps médical.
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