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Lamotrigine - Grossesse et allaitement


Mise à jour : 26 novembre 2019



Pour en savoir plus :

LAMICTAL®



La lamotrigine est utilisée dans le traitement de l’épilepsie et dans les troubles bipolaires.

Les contraceptifs oraux œstro-progestatifs peuvent réduire l’efficacité de la lamotrigine en diminuant ses concentrations plasmatiques. Par contre, la lamotrigine ne semble pas diminuer l’efficacité de la contraception œstro-progestative.

Ses effets indésirables sont notamment cutanés (parfois sévères). Ils surviennent généralement pendant les premières semaines de traitement ou en cas d’augmentation brutale des concentrations plasmatiques (augmentation importante des posologies, post-partum...).


ETAT DES CONNAISSANCES

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes exposées à la lamotrigine en cours de grossesse sont très nombreuses et rassurantes.
    • La lamotrigine n’est pas tératogène chez l’animal.
  • Aspect fœtal et néonatal
    • La lamotrigine passe le placenta. Les concentrations plasmatiques maternelles et néonatales sont équivalentes.
  • Aspect neurodéveloppemental
    • A ce jour, sur la base des paramètres étudiés (QI, autisme/traits autistiques, troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, …) aucun risque neurodéveloppemental particulier n’est retenu chez les enfants exposés in utero à la lamotrigine et suivis pour certains jusqu’à l’âge de 9.5 ans environ.
  • Aspect maternel
    • En raison d’une augmentation du métabolisme de la lamotrigine chez la femme enceinte, une diminution importante des concentrations plasmatiques maternelles de lamotrigine (lamotriginémie) est possible dès le premier trimestre, avec un risque de rechute de la pathologie (crises convulsives, …).
    • Dès l’accouchement, le métabolisme de la lamotrigine tend à revenir à son état antérieur à la grossesse et la lamotriginémie remonte rapidement.


Pictogrammes sur les boîtes de médicaments : le CRAT n’est pas d’accord.


EN PRATIQUE

Il est important que l’épilepsie soit bien équilibrée tout au long de la grossesse.

Ne pas arrêter ou modifier un traitement par lamotrigine sans l’avis du spécialiste.

  • En prévision d’une grossesse
    • Une consultation pré-conceptionnelle est souhaitable (Epilepsie : cliquez ici, Troubles bipolaires : cliquez ici).
    • Il n’est pas justifié d’arrêter ou de modifier le traitement par lamotrigine.
    • Une lamotriginémie de référence est souhaitable avant le début de la grossesse, car elle est susceptible de chuter lorsque la patiente sera enceinte (cf. Paragraphe « Aspect maternel » de l’Etat des connaissances)
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique,cliquez ici.
  • Traiter une femme enceinte
    • L’utilisation de la lamotrigine est possible quel que soit le terme de la grossesse à posologie efficace.
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique, cliquez-ici.
    • Tenir compte de la diminution possible de la lamotriginémie dès le premier trimestre de la grossesse (surveillance clinique et plasmatique) et augmenter la posologie si nécessaire.
    • Bien qu’il n’y ait pas de surveillance néonatale systématique particulière à faire, avertir les intervenants prenant en charge le nouveau-né puisqu’il s’agit d’un traitement chronique.
    • Pour éviter un surdosage maternel dans le post-partum, réajuster la posologie de lamotrigine dès que possible après l’accouchement si celle-ci avait été augmentée en cours de grossesse.
    • Suivi de l’enfant à long terme :
      • Bien qu’aucun élément inquiétant particulier n’ait été retenu à ce jour avec la lamotrigine, comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.
  • Découverte d’une grossesse pendant le traitement
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif de la lamotrigine.
    • Le traitement par lamotrigine pourra être poursuivi à posologie efficace pour le reste de la grossesse.
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique, cliquez-ici.
    • Tenir compte de la diminution possible de la lamotriginémie dès le premier trimestre de la grossesse (surveillance clinique et plasmatique) et augmenter la posologie si nécessaire.
    • Bien qu’il n’y ait pas de surveillance néonatale systématique particulière à faire, avertir les intervenants prenant en charge le nouveau-né puisqu’il s’agit d’un traitement chronique.
    • Pour éviter un surdosage maternel dans le post-partum, réajuster la posologie de lamotrigine dès que possible après l’accouchement si celle-ci avait été augmentée en cours de grossesse.
    • Suivi de l’enfant à long terme :
      • Bien qu’aucun élément inquiétant particulier n’ait été retenu à ce jour avec la lamotrigine, comme pour tout enfant exposé à un médicament du système nerveux central de façon chronique pendant son développement intra-utérin, de principe, il conviendra d’être attentif à l’évolution de son neurodéveloppement.
  • Allaitement
    • La conduite à tenir n’est pas univoque
    • Arguments en faveur de l’allaitement chez une femme traitée par lamotrigine :
      • Près de deux cents nouveaux-nés allaités de mère sous lamotrigine sont rapportés dans la littérature. Ils semblent bien portants.
      • A l’âge de 6 ans, le QI d’une trentaine d’enfants exposés in utero et allaités pendant 6 mois semble légèrement supérieur à celui d’enfants exposés in utero mais non allaités.
      • Le bénéfice de l’allaitement maternel est donc un paramètre à prendre en compte.
    • Arguments en défaveur de l’allaitement chez une femme traitée par lamotrigine :
      • La quantité de lamotrigine ingérée via le lait est importante et peut s’accumuler chez le nouveau-né allaité en raison de l’immaturité de son métabolisme hépatique. Ceci est majoré chez le prématuré.
      • Même à posologie maternelle faible, les concentrations sanguines des enfants allaités sont supérieures aux valeurs les plus basses chez l’adulte traité (1mg/L). En d’autres termes, l’enfant allaité « reçoit » autant de lamotrigine par le lait maternel que sa mère directement traitée.
      • Parmi une trentaine d’enfants allaités chez qui les enzymes hépatiques ont été dosées, 5 enfants ont présenté une augmentation des transaminases, régressive à l’arrêt de l’allaitement.
      • La lamotrigine a des effets indésirables, dont notamment une somnolence, une hépatotoxicité et une toxicité cutanée.
    • Conclusion
      • Au vu de ces données, si l’allaitement est entrepris, une surveillance régulière de l’enfant est souhaitable.
      • Ceci s’applique d’autant plus que l’enfant est prématuré et/ou présente une pathologie sous-jacente.
      • Elle comprend :
        • un examen clinique (effets sédatifs, cutanés ...)
        • éventuellement un dosage plasmatique de la lamotrigine et des transaminases au bout de 2 à 3 semaines chez l’enfant allaité, ou avant en cas de manifestation clinique.
      • Par ailleurs, penser à réajuster la posologie maternelle de lamotrigine dès que possible après l’accouchement si elle avait été augmentée en cours de grossesse (cf.Paragraphe "Aspect maternel" de l’Etat des connaissances).


CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
Fax : +33 (0)144735395
- Réservé au corps médical.
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