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Lamotrigine - Grossesse et allaitement


Mise à jour : 22 février 2017



Pour en savoir plus :

LAMICTAL®



La lamotrigine est utilisée dans le traitement de l’épilepsie et dans les troubles bipolaires.

Les contraceptifs oraux œstro-progestatifs peuvent réduire l’efficacité de la lamotrigine en diminuant sa concentration plasmatique. Par contre, la lamotrigine ne semble pas diminuer l’efficacité de la contraception œstro-progestative.

Ses effets indésirables sont notamment cutanés (parfois sévères). Ils surviennent généralement pendant les premières semaines de traitement ou en cas d’augmentation brutale des concentrations plasmatiques (augmentation importante des posologies, adjonction d’acide valproïque, post-partum...).


ETAT DES CONNAISSANCES

  • Aspect malformatif
    • Les données publiées chez les femmes exposées à la lamotrigine en cours de grossesse sont très nombreuses et rassurantes.
    • La lamotrigine n’est pas tératogène chez l’animal.
  • Aspect fœtal et néonatal
    • La lamotrigine passe le placenta. Les concentrations plasmatiques maternelles et néonatales sont équivalentes.
  • Aspect neurodéveloppemental
    • A ce jour, l’exposition in utero à la lamotrigine ne provoque pas de répercussion neuro-comportementale particulière lors du suivi jusqu’à l’âge de 7.5 ans environ des enfants exposés.
  • Aspect maternel
    • Une diminution importante des concentrations plasmatiques maternelles de lamotrigine est possible en cours de grossesse, avec un retour aux concentrations antérieures à la grossesse dans le 1er mois post partum.


Pictogrammes sur les boîtes de médicaments : le CRAT n’est pas d’accord.


EN PRATIQUE

Il est important que l’épilepsie soit bien équilibrée tout au long de la grossesse.

Ne pas arrêter ou modifier un traitement par lamotrigine sans l’avis du spécialiste.

  • En prévision d’une grossesse
    • Une consultation préconceptionnelle est souhaitable (cliquez ici).
    • Il n’est pas justifié d’arrêter ou de modifier le traitement par lamotrigine.
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique (cliquez ici).
  • En cours de grossesse
    • L’utilisation de la lamotrigine est possible quel que soit le terme de la grossesse.
    • Rassurer la patiente quant au risque malformatif de la lamotrigine.
    • Tenir compte de la diminution possible des concentrations plasmatiques maternelles en cours de grossesse (surveillance clinique +/- plasmatique, adaptation des posologies ...).
    • Bien qu’il n’y ait pas de surveillance systématique particulière à faire, avertir les intervenants prenant en charge le nouveau-né puisqu’il s’agit d’un traitement chronique.
    • Réajuster la posologie de lamotrigine dans le mois qui suit l’accouchement si elle a été augmentée en cours de grossesse, pour éviter un surdosage maternel.
    • En ce qui concerne la prescription d’acide folique (cliquez-ici).
  • Allaitement
    • La conduite à tenir n’est pas univoque
    • Arguments en faveur de l’allaitement chez une femme traitée par lamotrigine :
      • Près de deux cents nouveaux-nés allaités de mère sous lamotrigine sont rapportés dans la littérature. Ils semblent bien portants.
      • A l’âge de 6 ans, le développement psychomoteur d’une trentaine d’enfants exposés in utero et allaités pendant 6 mois semble légèrement supérieur à celui d’enfants exposés in utero mais non allaités.
      • Le bénéfice de l’allaitement maternel est donc un paramètre à prendre en compte.
    • Arguments en défaveur de l’allaitement chez une femme traitée par lamotrigine :
      • La quantité de lamotrigine ingérée via le lait est importante et peut s’accumuler chez le nouveau-né allaité en raison de l’immaturité de son métabolisme hépatique. Ceci est majoré chez le prématuré.
      • Même à posologie maternelle faible, les concentrations sanguines des enfants allaités sont supérieures aux valeurs les plus basses chez l’adulte traité (1mg/L). En d’autres termes, l’enfant allaité « reçoit » autant de lamotrigine par le lait maternel que sa mère directement traitée.
      • Parmi 28 enfants allaités chez qui les enzymes hépatiques ont été dosées, 5 enfants ont présenté une augmentation des transaminases, régressive à l’arrêt de l’allaitement.
      • La lamotrigine a des effets indésirables, dont notamment une somnolence, une hépatotoxicité et une toxicité cutanée.
    • Conclusion
      • Au vu de ces données, si l’allaitement est entrepris, une surveillance régulière de l’enfant est souhaitable.
      • Ceci s’applique d’autant plus que l’enfant est prématuré et/ou présente une pathologie sous-jacente.
      • Elle comprend :
        • un examen clinique (effets sédatifs, cutanés ...)
        • éventuellement un dosage plasmatique de la lamotrigine et des transaminases au bout de 2 à 3 semaines chez l’enfant allaité, ou avant en cas de manifestation clinique.
        • par ailleurs, penser à réduire la posologie maternelle dans le post-partum si elle a été augmentée en cours de grossesse.


CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
Fax : +33 (0)144735395
- Réservé au corps médical.
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